Un animal sauvage aux portes de Lyon
C’est une scène que peu de promeneurs lyonnais pensaient vivre un jour : croiser un félin africain dans leur jardin. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est produit à Brindas, dans l’ouest lyonnais. Après plus de six mois de divagation, un serval — grand chat sauvage originaire d’Afrique — a été capturé le 20 juillet par les pompiers.
Les signalements se multipliaient depuis l’hiver. Certains riverains évoquaient « un petit guépard bondissant », d’autres pensaient à une mauvaise blague. Mais l’animal était bien réel. Suivi par la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité, il a été piégé grâce à un appât.
Une capture qui alerte sur un phénomène préoccupant
Le serval capturé, un mâle adulte, a été confié au refuge Tonga Terre d’Accueil. En bonne santé, il a su survivre en chassant des rongeurs et oiseaux, malgré les températures hivernales. Une performance qui inquiète les spécialistes.
« Ce sont des super-prédateurs qui n’ont rien à faire dans notre écosystème », prévient l’équipe du refuge. Le risque de transmission de maladies à la faune locale est réel, sans compter leur impact sur la biodiversité.
Mais comment ce félin a-t-il atterri dans le Rhône ? L’hypothèse du trafic illégal est privilégiée. Le serval est interdit à la détention en France. Pourtant, des éleveurs peu scrupuleux contournent la loi en le présentant comme un savannah, race hybride autorisée. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène : vidéos d’animaux dociles, fascination pour l’exotisme… et explosion de la demande.
Enquête en cours et appel à la régulation
Le refuge appelle à renforcer la réglementation sur la vente et la détention de félins exotiques. Une enquête est en cours pour remonter jusqu’à l’origine de ce spécimen. D’autres servals ont été accueillis récemment, preuve que le phénomène n’est pas isolé.

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